Stratégie & Direction

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Décryptages

Stratégie et direction générale : ce qui fixe une rémunération

Chief of Staff, directeur de la stratégie : les fourchettes publiées, et les quatre facteurs qui déplacent une rémunération à ancienneté égale.

12 octobre 2026 · 5 min de lecture

Les fonctions de stratégie et d'état-major de la direction générale ont une particularité que les grilles internes saisissent mal : l'intitulé y renseigne peu sur le niveau du poste. Deux personnes qui portent le même titre, avec la même ancienneté, peuvent se situer à des niveaux de rémunération très éloignés.

Parmi les repères publics sur ces métiers figure le baromètre des rémunérations en stratégie et direction générale publié en septembre 2026 par le cabinet Entourage Recrutement, dans son édition dite 2027. Il couvre deux métiers, Chief of Staff et directeur de la stratégie, sur huit échelons, en brut annuel.

Ses chiffres décrivent un segment précis : petites et moyennes entreprises, entreprises de taille intermédiaire et jeunes entreprises en croissance, en France.

L'étendue de l'échelle

La rémunération d'entrée médiane du domaine s'établit à 50 000 euros brut annuels, et le plafond médian de carrière à 200 000 euros. Entre le premier et le dernier échelon, le rapport est de 4,1.

Cet écart se lit comme une trajectoire plus que comme une dispersion. Il sépare le consultant interne en début de parcours du directeur de la stratégie d'un groupe, dont le variable est adossé au plan.

Les fourchettes du Chief of Staff

Échelon Ancienneté Fourchette brute annuelle
Chief of Staff junior, sortie de conseil 2 à 4 ans 55 à 75 k€
Chief of Staff confirmé 4 à 7 ans 75 à 100 k€
Chief of Staff auprès d'un dirigeant de groupe 7 à 12 ans 100 à 140 k€
Chief of Staff de comité exécutif 12 ans et plus 140 à 180 k€ et plus

Le baromètre précise deux points. Au premier échelon, la rémunération est souvent assortie de BSPCE dans les scale-ups. Au dernier, le périmètre relève dans les faits d'une direction générale adjointe.

Les fourchettes de la direction de la stratégie

Échelon Ancienneté Fourchette brute annuelle
Chargé de mission stratégie 0 à 3 ans 45 à 65 k€
Strategy Manager, consultant interne 3 à 6 ans 65 à 95 k€
Head of Strategy 6 à 10 ans 95 à 140 k€
Directeur de la stratégie groupe 10 ans et plus 140 à 220 k€ et plus

L'échelon de Strategy Manager est décrit comme la bande d'atterrissage d'une sortie de cabinet après trois à cinq ans. Au sommet, le variable est adossé au plan stratégique, avec parfois un intéressement au capital.

Deux métiers, deux pentes

Les deux grilles se recouvrent largement aux premiers échelons. Un Chief of Staff confirmé, de quatre à sept ans d'expérience, se situe entre 75 000 et 100 000 euros ; un Strategy Manager de trois à six ans, entre 65 000 et 95 000 euros. Les profils qui sortent du conseil à ce stade peuvent donc arbitrer entre les deux fonctions sans écart de rémunération décisif.

Les trajectoires divergent ensuite. Le dernier échelon du Chief of Staff va de 140 000 à 180 000 euros et au-delà ; celui du directeur de la stratégie groupe part du même niveau pour atteindre 220 000 euros et au-delà. La différence tient au périmètre : la direction de la stratégie est une fonction permanente, adossée au plan, quand celle de Chief of Staff est un passage.

Premier facteur : la hauteur du dirigeant accompagné

C'est la singularité du domaine. Un Chief of Staff encadre très peu et gère rarement un budget propre ; ce qui situe sa rémunération, selon le baromètre, c'est la hauteur des décisions auxquelles il participe.

Accompagner le directeur général d'une filiale et accompagner le président d'un groupe coté relèvent ainsi de deux ordres de grandeur. Une direction qui raisonne par analogie avec ses propres grilles, en cherchant un poste interne de même ancienneté, compare deux objets qui ne se ressemblent pas.

Deuxième facteur : l'exécution plutôt que l'étude

Une direction de la stratégie qui produit des analyses puis passe la main se situe en bas de fourchette. Celle qui porte les chantiers issus du plan jusqu'à leur transfert aux opérations se situe en haut.

L'écart rémunère un risque assumé. Il rejoint d'ailleurs la motivation de nombreux candidats venus du conseil, qui quittent leur cabinet précisément pour suivre une décision jusqu'à sa mise en œuvre, d'après les observations d'Entourage Recrutement.

Troisième facteur : le cabinet que le candidat quitte

Selon le baromètre, la majorité des profils sortent du conseil entre trois et six ans d'ancienneté, et c'est la bande la plus active du domaine. Le prix d'entrée y est fixé par la rémunération que le candidat abandonne, bonus compris, plutôt que par la grille de l'entreprise qui recrute.

Le candidat accepte souvent une rémunération inférieure, mais pour des raisons identifiées : porter un résultat, connaître un secteur en profondeur, retrouver un rythme soutenable. Le baromètre note qu'une fourchette construite par analogie interne passe systématiquement à côté de ce calcul, et que l'écart se découvre au moment de l'offre.

Quatrième facteur : la durée attendue du poste

La fonction de Chief of Staff est transitoire : dix-huit à trente mois, puis une direction opérationnelle, selon la même source. Les candidats le savent et négocient la sortie autant que l'entrée.

Une entreprise qui laisse la suite en suspens compense par le fixe. Le baromètre relève que cette compensation coûte plus cher qu'une perspective écrite, ce qui fait de la clarté sur l'après un élément de la rémunération à part entière.

Ce que les fourchettes ne disent pas

L'édition 2027 insiste sur un point de méthode. Sous un même titre de Chief of Staff, l'étude observe à la fois des postes d'assistanat de direction revalorisés et des directions générales adjointes avançant sous un autre nom.

Pour situer un poste, trois questions précèdent la fourchette : quelles décisions la personne instruira, à quel comité elle siégera, et ce que le dirigeant cessera de faire à son arrivée. Une fois ces réponses écrites, la grille devient lisible.

Les chiffres donnent donc une structure plutôt qu'un prix. Ils permettent à une direction générale de vérifier qu'un budget de recrutement correspond au poste qu'elle décrit, et de constater, le cas échéant, que le poste décrit n'est pas celui qu'elle pense créer.


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